Facebook Twitter

Olympia a mitjanit

Baltasar Porcel
Olympia à Majorque
“Alors, dans l’après-midi ensoleillé de juin qui dorait la Méditerranée tout entière, au cœur de l’île qui ne battait que pour le cercle immobile de sa sérénité ritualisée, Marika Olivara de Torrent, grande et altière, un léger tremblement fugace dans sa voix mélodieuse, expliqua au téléphone à Sinibald Rotger :
—Je ne pourrai pas venir te rejoindre à Sant Telm demain, je regrette terriblement, mon amour. Mais une très grande amie vient tout juste de me prévenir de son arrivée, elle est islandaise, je ne l’ai pas vue depuis très longtemps, plus de trente ans! Je suis si contente, tu sais! Elle vient à Majorque pour nos retrouvailles. Oh, ça va être tellement bien, oh, de se rappeler ces deus jeunes filles pleines d’illusions que nous étions! Oh, sa voix timide et affectueuse au téléphone!
Sinibald Rotger, mal rasé et avec des poches sous les yeux, une cigarette aux lèvres et la voix épaissie par l’enrouement comme si elle avait charrié des cailloux, se trouvait – le combiné à la main lui aussi – derrière le comptoir d’une petite boutique qui vendait des objets en céramique vulgaires, des bikinis aux couleurs criardes, des appareils photo jetables, des sombreros mexicains en paille, d’immenses lunettes en plastique de contrefaçon, des calendriers avec des femmes nues aux formes impressionnantes, des tableaux maniérés de paysages majorquins avec des amandiers en fleur tout blancs et des criques aux eaux vertes, des figurines qui représentaient des rhinocéros galactiques armés de lance-roquettes et des flacons d’eau de Cologne à la lourde fragrance orientale.
La boutique, Miami Beach, était située en plein centre de Port de Pollença l’un des foyers estivaux de l’autre cœur insulaire, celui de la multitude frénétique de touristes qui saturaient à l’ouest et à l’est Majorque, fière de se considérer comme un indéniable paradis terrestre à l’activité cosmopolite et nonchalante.
Traduït per Traduction de Marianne Million
Baltasar Porcel, Olympia à Majorque . PORCEL, Baltasar. Olympia à Majorque. Traduction de Marianne Million. Arles: Actes Sud, 2007.
Baltasar Porcel, Frankfurt, 2007, Institut Ramon Llull
Cercador d’autors
A-B-C-D - E-F-G - H - I
J - K - L - M - N - O - P - Q - R
S-T-U-V-W-X-Y-Z
Traduccions de la literatura catalana
Podeu consultar més pàgines sobre la literatura catalana en traducció a:
Prosa
Amb el suport de: