Carme Riera

Visat núm. 8
(octubre 2009)
par Lluïsa Cotoner i Cerdó
Carme Riera (1948) est l'une des personnalités les plus importantes de la littérature catalane actuelle. Elle appartient, avec Montserrat Roig, Isabel-Clara Simó, Maria Antònia Oliver ou Maria Mercè Marçal, au boom de la littérature catalane écrite par des femmes. Un groupe marqué par la fin de la dictature franquiste et l'explosion des espoirs surgis des utopies de mai 68.

Depuis qu'elle se fit connaître avec le recueil de narrations Te deix, amor, la mar com a penyora [Je te laisse, mon amour, la mer comme gage] (1975), la révolte, l'indépendance et le compromis moral sont les thèmes sur lesquels s'appuie son œuvre. Les traductions réalisées à plus de 15 langues et les études dont elle en a été l'objet sont la preuve de l'intérêt que suscite l'écriture de Riera au delà de nos frontières.

Carme Riera est née en 1948 et provient d'une famille procédant de Majorque du côté du père et catalane du côté de la mère. Elle vit entre Barcelone, où elle travaille comme professeure de littérature à l'Université Autonome, et Majorque, où elle se rend à la moindre occasion et pour y passer ses vacances d'été à écrire face à l'immensité bleue de la Méditerranée.

Grande lectrice volontairement et de par ses exigences professionnelles, son œuvre est pleine de citations d'auteurs classiques et modernes : les voix de Raymond Lulle, d'Ausiàs March, de Cervantès, de Proust, de Wolf, de Josep Pla, de Villalonga ou de Miquel Àngel Riera, entre autres, se mélangent aux conversations et aux dialogues que l'écrivain a entendu de la bouche de paysans des villages des alentours, des artisans et ouvriers, des couseuses, des laveuses et des bonnes de la ville, qui lui ont appris le papotage des gens du peuple. L'usage de la langue avec toute la richesse des registres cultes et populaires est l'une des caractéristique les plus remarquables de son style littéraire.

En 1965 elle quitte Majorque pour Barcelone pour faire des études de Lettres. L'Université ne l'intéresse pas trop, elle découvre alors les cercles progressistes et peu conventionnels qui n'acceptent pas les lois et les normes imposées par la force. Elle participe aux réunions d'étudiants contre la guerre du Vietnam et assiste aux manifestations contre le régime franquiste, et participe au mouvement féministe surgit à ce moment-là dans notre pays. Ce contraste entre le monde de Majorque et l'expérience de Barcelone est l'axe de ses deux premiers recueils de récits Te deix, amor, la mar com a penyora (1975) et Jo pos testimoni les gavines  [Je prends les mouettes pour témoin] (1977), première étape de l'écrivain.

Pour la deuxième étape, elle s'initie comme romancière en faisant servir l'intrigue policière pour présenter des sujets d'actualité : les questions concernant le féminisme, Una primavera per a Domenico Guarini [Un printemps pour Domenico Guarini ](1980), et la dénonciation des dictatures militaires du Chili et de l'Argentine, Jocs de miralls [Jeux de miroirs] (1989). Entre ces deux romans, il y a un autre recueil de nouvelles Epitelis tendríssims  [Epithéliums très tendres] (1981), où Riera explore de manière ironique l'érotisme à partir d'un point de vue féminin, et Qüestió d'amor propi [Affaire d'amour propre] (1987), un récit où le lyrisme des premières narrations est substitué par un sarcasme touchant et lucide.

Une troisième étape s'ouvre avec les romans historiques. Après avoir consacré cinq ans à l'étude et à la documentation, Riera publie Dins el darrer blau  [Dans le dernier bleu] (1994), un roman qui part de faits historiques qui eurent lieu à Ciutat de Mallorca entre 1688 et 1691, quand un groupe de crypto-juifs qui voulaient fuir l'île, furent jugés et condamnés au bûcher par l'Inquisition. Ce roman, qui est considéré, par les critiques spécialisés, comme l'un des points culminants de la narration catalane du XXe siècle, représente l'initiation de Riera au genre historique et la substitution de la première personne narrative par le point de vue du personnage principal omniscient. Riera utilise de nouveau ce modèle dans Cap al cel obert [Vers le ciel ouvert] (2000), roman présenté à la manière des feuilletons, où d'une certaine manière elle poursuit l'histoire des descendants de ces juifs brûlés. La recréation du conflit colonial de Cuba pendant la deuxième moitié du XIXe siècle qui sert d'arrière-plan de l'histoire, permet une réflexion politique sur la question nationale. Ainsi dans La meitat de l'ànima [La moitié de l'âme] (2004), la reconstruction des événements de l'après-guerre dans la Barcelone franquiste, la situation des républicains exilés et la mise en relief des anarchistes forment le treillis historique sur lequel Riera élabore l'action fictive qui tourne autour de la recherche de l'identité de la protagoniste.

Par contre, dans le dernier roman L'estiu de l'anglès [L'été de l'Anglais] (2006), l'auteur nous offre une intrigue rédigée sous forme d'humour – la même qu'elle utilisa dans Contra l'amor en companyia [Contre l'amour en compagnie] (1991), une autre collection de récits. Ici la protagoniste est une secrétaire qui veut apprendre l'anglais pendant les vacances, mais l'épisode ridicule qu'elle vit en Angleterre changera à jamais sa vie.

Écrivaine compulsive, Riera a également publié un journal de femme enceinte, Temps d'una espera [Temps d'une attente] (1998) et a fait savoir qu'elle écrit pour continuer les histoires que lui racontait sa grand-mère, aussi pour séduire les lecteurs, mais surtout parce que, en définitive, écrire est la meilleure manière de retarder la mort.

Carme Riera
Commentaire sur des œuvres
Dans le dernier bleu (1994)
par Lluïsa Cotoner i Cerdó
La moitié de l'âme (2004)
par Lluïsa Cotoner i Cerdó
Fragments
La moitié de l’âme
Català | italiano
Dins el darrer blau
Català | Deutsch | italiano
Comentaires
Si el que escric fos inventat…
par Barbara Łuczak
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