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Da nuces pueris

Gabriel Ferrater
Chambre de l’automne
La persienne pas tout à fait close, comme
un effroi qui retient sa chute,
ne nous sépare pas de l’air. Vois
trente-sept horizons droits et minces s’ouvrir,
mais le cœur les oublie. Sans regret
la lumière se meurt, qui était couleur
de miel, qui est alors couleur d’odeur de pomme.
Qu’il est lent, qu’il est lent le monde, qu’elle est lente
la peine pour les heures qui s’en vont
à la hâte. Dis, t’en souviendras-tu,
de cette chambre?
« Je l’aime beaucoup.
Ces voix d’ouvriers — que sont-ils? »
Des maçons :
il manque ici une maison.
«Ils chantent
et aujourd’hui je ne les entends pas. Ils crient, ils rient,
et aujourd’hui qu’ils se taisent ils me manquent.»
Qu’elles sont lentes
les feuilles rouges des voix, et incertaines
quand elles viennent nous couvrir. Endormies
les feuilles de mes baisers voguent à travers
les plages de ton corps, et tandis que tu oublies
les hautes feuilles de l’été, les journées
ouvertes, sans baisers, au plus profond
le corps se souvient : ta peau est encore
moitié soleil et moitié lune.
Traduit par Mathilde Bensoussan
Gabriel Ferrater, Chambre de l’automne. París: Demoel, 1970, pp.157-158.
Gabriel Ferrater (Diario de Barcelona, 1979)
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