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Bearn o La sala de les nines

Llorenç Villalonga
Béarn ou Le cabinet des poupées de cire
Son âme était claire et changeante comme le verre. Parce qu’il était précisément un homme sincère, on ne savait jamais à qui l’on avait à faire, de même qu’il est impossible de deviner quelles seront les images qui pourront se réfléchir sur une vitre. Il est curieux de constater que ces personnages qui n’obéissent à aucun système, peut-être pour n’avoir à négliger aucune des facettes de la réalité, sont ceux qui nous semblent les plus trompeurs. Si l’on ajoute à cette considération que les maîtres sont habitués dès leur plus jeune âge aux formules courtoises, prononcées pour n’être pas prises au pied de la lettre, mais que les gens simples prennent telles quelles, on aura un autre motif de défiance envers don Toni. Les gens vulgaires croient que seuls les malélevés sont sincères, parce qu’ils ne savent pas déchiffrer les valeurs conventionnelles et suggérées de la courtoisie. Pour ces paysans, le maître n’était pas facile à comprendre. Je crois t’avoir déjà dit, par exemple, qu’il avait l’habitude de porter la perruque blanche et l’habit de franciscain. Ceux qui comparaient sa vie passée et ses conversations, pas toujours édifiantes, à cet habit, ne percevaient que dissonances, qui existaient certainement, mail il aurait pu y voir aussi les analogies (vie retirée, amour des sujets spirituels) qui n’étaient pas moins réelles. Ne sachant parler qu’une seule langue, ils s’émerveillaient d’entendre cet homme en parler plusieurs. Le maître était fondamentalement bien intentionné, quoique certains de ses agissements aient été désastreux ; mais il pensait que les désastres étaient davantage causés par une erreur de l’intelligence que par la volonté de mal faire, qu’il se refusait d’admettre.
Traducido por Denis Fernández-Recatalà.
Llorenç Villalonga, Béarn ou Le cabinet des poupées de cire. París: Acropole, 1986.
Llorenç Villalonga. Retrat de Pere Sureda, 1935. Fundació Casa Museu Villalonga, Binissalem
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