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Poesia. Edició crítica

Joan Maragall
La vache aveugle
Heurtant de la corne un tronc, puis l’autre,
s’avançant d’instinct sur le chemin de l’eau
la vache s’en va seule. Elle est aveugle.
D’un caillou lancé avec trop d’adresse
le petit valet lui creva un œil, et sur l’autre
un voile s’est tendu : la vache est aveugle.
Et comme jadis, elle vient à l’abreuvoir,
non d’un pas sûr comme autrefois,
ni avec ses compagnes : elle vient toute seule.
Ses sœurs, une à une, à travers les ravins,
dans le silence des prés et des plateaux,
font tinter leurs clarines en paissant
l’herbe fraîche à l’aventure… Elle tomberait.
Elle heurte du mufle l’auge usée,
recule humiliée, mais revient,
penche la tête vers l’eau et boit placidement.
Elle boit peu, n’ayant pas soif. Puis lève
vers le ciel son énorme tête encornée
d’un grand geste tragique : ses paupières
battent sur ses prunelles mortes, elle s’en retourne,
privée de lumière sous le soleil qui brûle,
chancelant sur les chemins inoubliables
et balance languissamment sa longue queue.
Traduït per J. J. A. Bertrand
Joan Maragall, La vache aveugle. Ministère des Affairs Etrangères. Madrid, 1968, p.39
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