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Límit(s)

Jaume Pont
Portique

Le poète s’est embourbé jusqu’aux genoux.

L’ordre se mythifie, il s’éloigne. Rien ne le trouve plus indécis, si lourd et si faible, si lointain, que la causalité impérieuse du poème.

Ensuite, volontairement, soudain, le rite est devenu prétexte à une histoire, trouble appel d’une main : danger.

Paradoxe et absurde. Réalité ou fiction. Éclatement de toute identité ?

Seulement abcès de l’écriture.

Toi, tu n’es rien, et jamais les aiguilles, une fois déçue l’inconstante moulure de la chair, n’ont fait défaut aux sens. Jour et nuit, nuit et, presque, jour.

Le poète sait que le lecteur est délicat et impubère. Chaste. Moral.

Le poète perçoit cependant le caractère de prostituée inconditionnelle de la poésie.

Il s’est senti violenté, traversé, presque en gestation des mots et des liens ridicules du vers. Il s’est senti merdeux, sale et, finalement, l’obsession d’un miroir réfléchi : troubadour de luxe de la présence sentimentale des limites.

Ces poèmes veulent être la conscience même de la fin.

Lisez-les de l’intérieur de la cage.

Traduït per François-Michel Durazzo
Jaume Pont, Portique. A: Raison de hasard. Montréal (Québec): Le Noroît; Gardonne: Fédérop, 2010, p. 106
Jaume Pont, 2012. Foto: Maria Fernández
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