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Trilogia d’exilis

Manuel Molins
La machine du Doctor Wittgenstein

«Une machine adaptable à toutes les situations et facile, très facile, à employer. Il suffit de parler. Parler librement, laisser aller les pensées, comme quand nous sommes au lit ou dans la plus stricte intimité. Les paroles entrent par ce microphone avec tous les doutes et les confusions. L’appareil traite l’information et ensuite, ici, sur ce petit écran, apparaît un arbre synoptique qui regroupe les thèmes que nous avons introduits sans ordre ni mesure pour que nous puissions en voir tous les usages et signifiants possibles. Puis nous poussons ce bouton, le bouton des contrastes et des comparaisons, et l’écran, comme s’il s’agissait d’un film, nous montre différents cas d’utilisation correcte ou incorrecte avec leurs conséquences heureuses ou douloureuses. Comme ça, en formulant, classifiant et ordonnant le chaos initial du corps et de la tête, la machine nous donne, par une dernière opération, la représentation de notre état présent et nous met sur la voie d’une décision cliare et honnête; sur le chemin de la lumière et de la paix intérieures...

»BEAU HEIN? TRÈS beau; hygiénique, objectif, portable, bon marché et impersonnel. Certains pourraient croire que c’est vraiment un instrument indispensable pour la stabilité émotionnelle de l’homme moderne confronté jour après jour à des changements et à des défis imprévisibles, une sorte de psychanalyse à la carte, une pilule de l’honnêtete. Mais je sais que c’est un mensonge, de la propagande... Cette ‘machine à laver’ n’est que l’arme d’un Dictateur de l’esprit, la pire de toutes les dictatures. Il ne nous interdit pas les libertés politiques et sociales, bien sûr, comme ont toujours fait les dictateurs; mais il va bien plus loin en essayant de neutraliser notre liberté la plus intime, essentielle, la liberté d’apprendre et de choisir. Oui, oui, voilà son véritable objectif, nous priver de la douleur de l’erreur, et donc, aussi du plaisir de la vérité, nous priver de la connaissance parce que c’est grâce à l’erreur que nous trouvons la lumière» (III, Le médecin).

Traduït per André Delmas
Manuel Molins, La machine du Doctor Wittgenstein. París: Éditions de l’Amandier, 2006, p. 63-64.
Manuel Molins, 2010. Foto: Àngels Domingo
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