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Poesia

Josep Carner
Hiver a Ostende

Pieusement, avec lenteur, l’année s’épuise,
Et sous un doux brouillard échappé de nos rêves,
Délivré de destin, délivré de mémoire,
Je veux prendre au hasard un semblant de chemin.

Couleurs et reliefs, adoucis, se font signe
Car le voile d’un ange oublié ce matin
Abolit le tracé des anciennes limites
Entre le ciel, la mer, les arbres et les toits.

Baume incertain, il voudrait bien étendre
Un peu de paix sur nous, pauvres déçus!
Gris comme argent et plus léger que cendre,
Il enchante un moment les dures certitudes.

Maintenant, dans le parc, aux branches dépouillées,
On ne sait pas, de loin, s’il y pousse des feuilles...
Derrière les carreaux, où rien ne transparaît,
Seraient-ils revenus tous les regards absents?

Pieusement, avec lenteur, l’année s’épuise,
Et sons un doux brouillard échappé de nos rêves,
Délivré du destin, délivré de mémoire,
Je veux prendre au hasard un semblant de chemin.

Ah, puissé-je demain, au delà de la nuit,
contempler de nouveau ce voile matinal,
percevoir à demi les vieilles apparences
sans deviner que, brouillard, je le suis!

Traduït per Émilie Noulet i Josep Carner
Josep Carner, Hiver a Ostende. París: 1961.
Josep Carner
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