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Poésie catalane

par Ramon Pla i Arxé
La « Renaixença » [Renaissance] – le mouvement d'affirmation de la personnalité indépendante de la culture catalane qui entreprit la construction de la littérature contemporaine – débuta, comme il a été traditionnellement expliqué, avec la publication en 1833 d'un poème : « La Pàtria » [« La Patrie »] de Bonaventura Carles Aribau. La poésie fut considérée comme le germe fondateur et, en même temps, comme la culmination d'une littérature et du fait que cette modalité littéraire, de surcroît, connaissait un processus de production bien plus agile que celui du théâtre ou du roman, elle devint le genre prédominant pendant la Renaixença.

Les Jeux Floraux – un concours médiéval rétabli en 1859 qui va très vite se répandre à tous les territoires de langue catalane et qui continue à être célébré de nos jours – vont constituer un puissant outil de promotion et de diffusion de la poésie. Les poètes qui devinrent les moteurs de ce mouvement furent Joaquim Rubió i Ors, pour la Catalogne, Tomàs Aguiló, à Majorque, et Teodor Llorente, pour ce qui concerne le País Valencià. C'est dans cette mouvance que surgirent certains poètes, en général romantiques et libéraux, d'une grande importance, et une pléiade de poètes ayant une moindre diffusion. L'Atlàntida [L'Atlantide] de Jacint Verdaguer, qui triompha aux Jeux Floraux de 1877, fut considérée la culmination de ce processus parce qu'elle proportionnait à la littérature catalane un grand poème épique – devenant une preuve évidente, à ce moment-là, de la maturité culturelle du mouvement – et un auteur prestigieux et populaire qui s'érigea comme le premier grand poète national des lettres catalanes.

Le Modernisme ne fit pas disparaître cette tradition, mais il supposa, d'un côté, que la poésie catalane – et, en général, les arts – fusse à l'avant-garde de la propagation de la modernité européenne indépendamment des modèles méridionaux. Parmi les poètes modernistes il convient de souligner la personnalité civile et littéraire de Joan Maragall, d'un grand prestige intellectuel et populaire, auteur de poèmes qui sont restés gravés dans la mémoire collective. Parallèlement, à Majorque, certains des plus grands poètes de la littérature contemporaine publiaient leur œuvre : Joan Alcover et Miquel Costa i Llobera qui, avec Maria Antònia Salvà, Llorenç Ribé et Miquel Ramon Ferrà, vont créer « l'école majorquine », avec une esthétique classiciste, et qui feront l'admiration des poètes du Noucentisme.

Josep Carner fut, de façon totalement méritée, le poète national du Noucentisme, car sa poésie était produite selon les modèles linguistiques, formels et thématiques – épuration, rigueur, ironie et élégance – de ce mouvement. Jaume Bofill i Mates (connu comme Guerau de Liost), Josep M. López-Picó, Rafael Mssó et Joaquim Folguera écrivaient dans un même sens. Parallèlement, les avant-gardes prirent racines en Catalogne aussi bien dans les arts plastiques – Salvador Dali, Joan Miró - qu'en poésie, avec Joan Salvat-Papasseit et d'autres, mais, surtout, avec Josep Vicenç Foix, qui cultiva la poésie, la prose et la critique de façon exceptionnelle. Presque contemporain des écrivains antérieurs, et en partie héritier du Noucentisme, Carles Riba, le mieux préparé i le plus respecté, Maria Manent, Tomàs Garcés, le roussillonnais Josep Sebastià Pons, ou le majorquin Bartomeu Rosseló-Pòrcel, vont faire de la poésie le genre qui incarnera la plus haute qualité littéraire et vont situer les poètes comme des personnalités de référence de notre culture. Ni la Guerre Civile, ni l'exil, ni la répression de l'après-guerre ne seront capables de venir à bout de cet état de fait, et des poètes tels que Salvador Espriu, Joan Oliver (connu en poésie comme Pere Quart ), Joan Vinyoli, Gabriel Ferrater, Josep Palau i Fabre, Joan Brossa et Miquel Martí i Pol, engagés dans le combat anti-franquiste, vont poursuivre cet effort pour donner une continuité à la valeur que la société assignait aux poètes. Aujourd'hui, la pratique poétique est très large – il y a, annuellement, sur tout le territoire en langue catalane, quarante-quatre concours poétiques – ce qui suppose un nombre vraiment important d'auteurs de qualité, même si, sans doute, la poésie a actuellement perdu la place de choix qui était la sienne dans la reconnaissance sociale.

Traduit par Ricard Ripoll
2021.12.03~2:07:15

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